Changement subit d’accent ou de langue : quand le cerveau n’en fait qu’à sa tête !

x--ray conceptCe qui suit est pour le moins surprenant : des personnes qui, sans le vouloir, se mettent à parler avec un accent étranger voire même dans une autre langue ! Ce syndrome n’a été diagnostiqué qu’une soixantaine de fois depuis sa découverte en 1907.

Que les choses soient claires : ces syndromes qu’on appelle « syndrome de l’accent étranger » et « syndrome de la langue étrangère » ne concernent que des sujets ayant subi un violent traumatisme crânien ou un accident vasculaire cérébral. Ils n’en demeurent pas moins révélateurs de la capacité du cerveau à emmagasiner et restituer les informations liées à une langue.

Syndrome de la langue étrangère : l’italien qui se met au français

Peut-être avez-vous déjà eu vent de cet italien qui s’est mis à parler français suite à une opération chirurgicale qui a mal tourné ? Depuis plusieurs années, ce quinquagénaire transalpin ne jure plus que par la langue de Molière… abordée quelques décennies plus tôt à l’école ! Même si son français est approximatif, son accent et sa vitesse d’élocution sont impressionnants. Notre homme, qui parle, lit et mange français, a même fait l’objet d’une étude menée par la neuropsychologue Nicoletta Beschin de l’Université d’Édimbourg, publiée le 4 mai dans le magazine Cortex.

Syndrome de l’accent étranger : une australienne à l’accent très frenchy

Le cas de Leanne Rowe, conductrice de bus australienne est tout aussi déroutant. Après avoir été grièvement blessée à la mâchoire suite à un accident de voiture, cette femme s’est mise à parler anglais avec un fort accent français. Langue à laquelle elle n’a jamais été sensibilisée auparavant. Il s’agit ici d’un phénomène d’aphasie dite « motrice ». Dans pareil cas, les lésions du cerveau suite au choc ont provoqué un problème de motricité des actes de la parole.

Stockage des langues : tout est dans le cerveau

Des cas comme ceux-ci, il y en a peu. Mais il y en a. Un français d’origine corse qui se met à parler la langue régionale apprise durant son enfance, une britannique dont l’anglais se teinte d’un fort accent français et chinois, une autre qui se remet subitement au gallois… Dans tous les cas, l’origine du problème se situe dans le cerveau. Sauf que selon le neuropsychiatre Michel Poncet, toutes les langues d’un individu ne sont pas stockées au même endroit du cerveau ! C’est ce qui explique pourquoi une langue subsiste après un AVC et pas une autre : tout dépend de la zone qui a été lésée lors de l’attaque.

Une thérapie pour le syndrome de l’accent étranger

Les patients présentant des troubles de l’articulation dus à des lésions au cerveau souffrent d’une anarthrie. Bien souvent, ces changements brutaux dans leur façon de s’exprimer les confrontent à un problème d’identité. Un suivi orthophonique régulier peut les aider à retrouver tout ou partie de la mélodie du langage (prosodie) de leur langue d’origine.

Sources

www.lexpress.fr

http://www.20minutes.fr

un commentaire

  1. […] pour l’apprentissage des langues étrangères chez les bilingues. On y met en avant ma capacité à emmagasiner et restituer les informations liées à une langue apprise étant enfant. Cela ne me déplaît pas, au contraire. Je vais vous révéler une autre facette de ma […]

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